« Battery Valley » : un succès de ch’nord !

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Passée l’ère du charbon et du textile puis un premier faux départ avec le choix de Tesla de créer sa première gigafactorie en Allemagne, les Hauts-de-France sont devenus en quelques années le cœur de la « vallée de la batterie » en Europe, un des moteurs de la transition énergétique et industrielle.

Une concentration de puissance sans précédent

La région dispose dorénavant d’une capacité de production de 2 millions de batteries pour 13000 emplois potentiels  grâce à ces 4 acteurs majeurs :

  • Verkor à Dunkerque : La start-up grenobloise vient d’inaugurer son usine géante à Bourbourg en décembre 2025. Avec 570 collaborateurs déjà en poste et une première ligne de production lancée ces jours-ci, elle vise les 16 GWh pour fournir Alpine et Renault
  • ProLogium à Dunkerque :ce 10 février prochain, cette usine taïwanaise s’installera pour produire des batteries solides de nouvelle génération
  • ACC à Douvrin / Billy-Berclau : le premier dans le Nord, ce consortium alliant Stellantis, Mercedes-Benz et Saft a déjà mis en service son premier bloc avec les premiers prototypes « made in France » Céline et Célty qui ont lancé la production des Peugeot E-3008 avant la mise en place d’un 2e bloc en ce début d’année
  • AESC à Douai : 1 millions de cellules ont été produites en Décembre 2025 par cet énorme groupe sino-japonais qui alimente les Renault 5 E-Tech assemblées juste à côté

Avec une capacité totale visée de 2 millions de batteries par an et un objectif de 13 000 emplois directs, la région n’est plus un simple assembleur, mais le centre névralgique de la valeur ajoutée automobile.

L’innovation « Usine sans parking », la décarbonation jusqu’au bout !

Une des solutions choisie par la Communauté Urbaine pour éviter les embouteillages sur ce littoral dunkerquois est l’usine sans parking !

Le projet Urbanloop, dont la mise en service est scrutée par toute l’Europe, prévoit des navettes électriques autonomes reliant des parkings silos périphériques aux gigafactories en transportant 24h/24 les milliers de salariés sans engorger les infrastructures.

Un écosystème total : de l’aluminium au recyclage

La force de la « Battery Valley » réside dans son organisation :

  • En amont : Aluminium Dunkerque fournit les feuilles nécessaires aux cathodes avec une empreinte carbone quatre fois inférieure à la moyenne mondiale, grâce au mix nucléaire-renouvelable français. On note aussi l’émergence de Tiamat à Boves (Somme), pionnier de la technologie sodium-ion
  • En aval : Le recyclage devient un pilier de souveraineté. À Saint-Laurent-Blangy, Battri amorce la pompe de l’économie circulaire, réintégrant les métaux précieux dans le cycle de production

Cet écosystème est soutenu par le projet Electro’Mob, qui a déjà permis de pérenniser plus de 5 000 emplois et d’initier 8 000 actions de formation pour adapter les compétences locales aux exigences de l’électro-chimie.

Transformer l’essai industriel en succès citoyen

Mais entre la pression sur les prix des matières premières et la concurrence féroce des constructeurs chinois, l’industrie européenne joue sa survie. Les Hauts-de-France ont fait leur part du travail : les usines sont là, les compétences se structurent et l’innovation logistique est en marche.

Malgré l’euphorie industrielle, la lucidité s’impose. Comme le rappelle Stéphane Séjourné, vice-président de la Commission européenne, la batterie est le « cœur de la souveraineté industrielle européenne ». Pourtant, l’écart de compétitivité avec l’Asie reste tenace, oscillant entre 20 et 25 %.

Pour sécuriser les débouchés, l’Europe déploie le « Battery Booster » : un plan massif incluant 1,5 milliard d’euros de prêts à taux zéro pour 2026 pour stimuler la demande, notamment via les flottes professionnelles qui représentent la moitié des immatriculations européennes.

La question finale n’est plus industrielle, mais commerciale et citoyenne car les Européens valideront-ils ce tournant historique en achetant massivement les Peugeot E-3008 ou les Renault 5 E-Tech sorties de nos lignes de production ?

L’essai industriel est transformé : reste à gagner le match du marché.

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